Dites adieu à la poudre de Perlimpinpin ✨

La tendance du Slow Content, annonciatrice d'une nouvelle ère pour le Marketing ?

🎧 Gooey - Glass Animals

Hello tout le monde,

J’espère que la neige n’a pas entamé votre enthousiasme en ce début d’année - parce que cette semaine, on parle d’un sujet amené par mon dernier invité du podcast, qui me tient particulièrement à coeur : la tendance du slow content, qui vient s’opposer à la marée de contenus (de qualité ou non) produits ces derniers temps.

Difficile de savoir quelle posture adopter : comment mieux produire et comment mieux consommer du contenu au quotidien, sans céder au FOMO ou à la boulimie informationnelle ? Cette question m’obsède depuis un bout de temps, et j’essaie de creuser le sujet dans cette édition 💆

Et sinon, du côté de la vie nomade, gros apprentissage après un mois de télétravail et quelques heures d’avance sur la France : le décalage horaire est un sujet sous-estimé quand on a fréquemment des calls tôt le matin 😵

Bonne lecture !

Noémie


Ces derniers temps, vous êtes plus nombreux à m’écrire pour me partager vos projets, vos besoins, vos idées… Je trouve ça génial et dès qu’un sujet peut être utile à la communauté, je le partagerai dans la newsletter ! Alors n’hésitez pas à m’envoyer vos bouteilles à la mer 🍾

Outils

  • En finir avec vos 4576 fenêtres Chrome ouvertes 🤯 La semaine dernière, Yassinn m’a écrit sur Linkedin pour me parler de son projet, Chrome Copilot, une app IOS de productivité pour freelances, web/growthmarketeurs qui utilisent chrome. Son pitch m’a clairement parlé :
    Marre de changer 15 fois par jour de comptes ? Chrome Copilot permet de :
    👉 Cloisonner et organiser ses espaces de travail par client
    👉 Garder ouverts plusieurs comptes d'une même app ou site en même temps (gsuite, réseaux sociaux, analytics, zapier, prospectin, lemlist...)
    👉 Lancer et fermer rapidement chaque espace
    Alors pour celles et ceux qui ont toujours trop d’onglets et de fenêtres ouverts, Yassinn est à la recherche d’utilisateurs pour éprouver son app et l’améliorer - à vos outils ⚒️
    C’est par ici pour le découvrir !

Le job de la semaine

  • Startup recherche Brand & Content Manager 🌟 Robin a co-fondé Work With Island, une startup qui conçoit du mobilier de bureau design et durable à destination des open space. Et il est à la recherche de la perle rare : un Brand & Content Manager, pour développer la ligne édito de la marque et faire grandir sa notoriété ! Challenge accepted ?

Brain Food

Passion emojis

  • Un épisode passionnant sur l’économie souterraine des emojis - on y découvre notamment que certains sont discrètement sponsorisés par des entreprises, ce qui peut susciter des conflits d’intérêt.

  • Si vous êtes curieux.se du sujet, 99% Invisible (un de mes podcasts préférés) a produit en 2017 un épisode GÉNIAL (je pèse mes mots) sur le processus de création, validation et ajout de nouveaux emojis au répertoire commun - vous découvrirez notamment l’existence d’un comité à San Jose, en charge de valider toutes les nouvelles suggestions avant qu’elles voient le jour.

Le comeback de Facebook, épisode 3549

  • Facebook se met aux newsletters pour les créateurs indépendants - un move intelligent pour attirer une nouvelle typologie d’audience sur la plateforme vieillissante, ou une tentative désespérée de faire oublier les nombreuses critiques émises ces derniers temps sur son style de modération du contenu ?

  • Bon ou mauvais timing ? On parle en France d’une potentielle arrivée prochaine de Facebook News, après un lancement au UK. Une décision en demi-teinte, qui vient sur le papier ressayer de ‘réparer’ les dommages causés aux médias traditionnels depuis des années, mais qui ressemble plutôt à un énième cheval de Troie.

  • D’ailleurs sur le sujet du traitement de l’information, si vous ne l’avez pas encore vu, allez vite regarder le documentaire Derrière nos écrans de fumée sur Netflix ! On peut déplorer le manque de diversité dans les intervenants qui y témoignent mais l’analyse reste intéressante 👀

Objectif parité dans les médias

  • Le Huffington Post lance un appel aux nominations d’autrices pour atteindre la parité dans ses tribunes sur la politique, l’économie et les relations internationales ! Alors si vous connaissez des profils qui méritent d’être recommandés (par exemple dont le prénom commence par Noé et finit par mie, #lourdeur), lâchez-vous ! 🚀


Repenser notre rapport au contenu

Ces derniers temps, pour arriver à bout de ma veille quotidienne, je suis en sacrée galère. Chaque jour, de nouveaux articles, podcasts, vidéos, … s’empilent un peu plus dans ma boîte mail, jusqu’à créer une montage ingérable - et résultat, je finis par paniquer, et à tout simplement supprimer des flopées de contenus qui auraient pu m’être utiles.

Alors je vous vois venir - “Mais enfin, pourquoi est-ce que tu te mets la pression comme ça pour lire et écouter autant de choses ?”. Bien sûr, je me suis aussi demandé maintes fois si je n’en faisais pas un peu trop ! Mais le problème, c’est que quand on crée du contenu soi-même, il me semble important de diversifier ses sources. Je m’explique :

Diversifier les sources d’information pour enrichir la qualité de sa réflexion

Limiter ses biais

Quels que soient votre profil, votre parcours, vos expériences… Vous êtes forcément biaisé.e d’une manière ou d’une autre. La preuve, cette magnifique cartographie des biais cognitifs les plus connus, qui donne des sueurs froides :

L’une des quatre grandes catégories de biais cognitifs est d’ailleurs dédiée à la surcharge informationnelle (en haut à droite). Et dans tous ces sous-ensembles de biais, certains ont un impact non négligeable sur notre manière d’intégrer et de formuler des idées :

  • Nous remarquons plus facilement des choses déjà ancrées dans notre mémoire ou répétées souvent ;

  • Nous sommes attirés par les détails qui confirment nos propres convictions ;

  • Nous remarquons plus facilement les défauts des autres que les nôtres ;

  • Nous avons tendance à déceler des histoires et des schémas récurrents, même lorsque nous sommes face à des données éparses et limitées ;

  • Nous remplissons les vides avec des stéréotypes, des généralités et nos propres antécédents ;

  • Nous réduisons les événements et les choses complexes à leurs éléments clés.

À chaque fois que vous exprimez votre opinion sur un sujet, vous êtes donc potentiellement influencé.e par un ou plusieurs de ces biais. Ils sont malheureusement une manière naturelle de notre cerveau de gérer la complexité du monde qui nous entoure !

Impossible, donc, d’être complètement objectif, exhaustif et pertinent dans son analyse d’un sujet, d’une idée… Mais la diversification des sources d’informations auxquelles vous vous exposez peut vous aider à prendre du recul sur votre perception des choses, pour aller plus loin dans votre pensée et vos idées.

S’ouvrir à d’autres formes de pensée, enrichir sa réflexion

Par ailleurs, la diversification des sources d’information est aussi une manière d’enrichir sa réflexion sur un sujet, en s’exposant à des opinions inhabituelles, qui ne sont pas forcément exprimées dans votre premier cercle. En effet, votre réseau proche a en général pour effet de renforcer vos croyances et vos à-priori sur un sujet donné.

Je vous parlais dans une édition de Décembre du phénomène des filter bubbles et des echo chambers sur les réseaux - un phénomène contre lequel il devient important de lutter !

Il y a quelques années, j’ai pris un café avec un date Tinder qui m’a expliqué en long, en large et en travers qu’il suivait des personnalités anarchistes, des membres du mouvement pro-life, et tout une tripotée de gens qui pourraient être considérés comme ‘dérangeants’, “parce qu’il voulait se faire une opinion exhaustive des sujets de société et se confronter à l’ensemble des points de vue existants“. Un peu extrême et pompeux, certes mais j’ai quand même gardé l’idée (pas le date). Et aujourd’hui, j’essaie toujours quand je me documente sur un sujet, d’aller chercher des points de vue différents, voire contraires au mien, pour remettre en question ma réflexion sur le sujet.

Cette approche a aussi pour mérite de vous aider à faire valoir votre libre arbitre sur les sujets qui vous touchent, à construire des opinions solides et riches sur vos thèmes de prédilection, mais aussi (et surtout), à développer une vision originale. Le Graal de tout auteur / créateur / marketeur ! 😉

FOMO digitale et accélération de l’infobésité

Au-delà des notions d’enrichissement et de réflexion originale, il y a une autre grande tendance (d’aucuns diraient ‘affliction’) qui fait de nombreuses victimes en ligne : la FOMO (ou Fear of Missing Out, la peur de louper des choses intéressantes).

Chaque jour, sur les réseaux, on nous bombarde dans tous les sens de centaines de contenus, d’injonctions à la productivité. Tout comme Instagram génère de l’anxiété à l’idée de ne pas être en train de se dorer la pilule sur une plage paradisiaque aux Bahamas, Linkedin a commencé à générer chez certains de l’anxiété à l’idée de ne pas avoir levé des millions en campagne de crowdfunding, de ne pas avoir lancé son podcast, de ne pas travailler son personal branding, de ne pas avoir créé de blog pour sa marque… Bref, autant de choses que d’autres font, et auxquelles vous n’avez pas encore eu le temps de vous mettre, qui suscitent de l’angoisse et le sentiment de ne pas être au niveau, de ne pas en faire assez.

Le côté pernicieux des réseaux sociaux, c’est que les gens n’y affichent que leurs réussites : et post après post, contenu après contenu, nous contribuons tous à forger des attentes démesurée et irréalistes sur nos métiers et nos activités. Un cercle vicieux, alimenté en permanence.

C’est d’autant plus vrai du côté des entreprises, qui sont obligées de tenir le rythme et de maintenir une présence sur des canaux d’acquisition multiples, dans l’espoir de se faire remarquer par leurs audiences cible, bombardées par des contenus de marque à longueur de journée.

Et petit à petit, ce cercle vicieux commence à impacter négativement le fond même de nos messages, de nos prises de paroles. Pressés par le temps et par l’impératif de production, nous ne parlons plus pour délivrer un message ou une idée : nous parlons pour nous faire remarquer, ou pour faire comme les autres.

Bienvenue dans le dark side du Content Marketing.

Dire non à la poudre de Perlimpinpin

Bien évidemment, je suis persuadée que le Content Marketing est une discipline efficace, qui mérite une place de choix parmi les stratégies de développement des entreprises (et des indépendants).

Mais ce qui m’agace en ce moment, c’est ceux et celles qui font du bruit, juste pour faire du bruit. Et qui au passage, en profitent pour s’enrichir sur le dos des autres. Ces entreprises qui créent des blogs insipides, bourrés d’articles se bornant à répéter une énième fois la définition d’un concept qui n’intéresse personne, juste pour être bien rankés sur Google. Ces gens qui vendent monts et merveilles à des personnes mal informées et parfois naïves, pour ne livrer derrière absolument aucune valeur (JP Fanguin, ce cancer).

Je fais sûrement une généralisation grossière (de toute façon ce n’est pas ma faute, c’est celle de mes biais cognitifs), mais à mon sens un grand nombre de ces contenus sont produits dans une visée purement ROIste.

Ils n’apportent pas vraiment quoi que ce soit à quiconque, et ils ont juste le mérite d’exister et de venir alourdir la masse totale de contenus existants, dans laquelle il nous revient ensuite en tant qu’individus de venir faire le tri pour nous éduquer et nous informer. Le cercle vicieux est de retour.

Vous avez peut-être remarqué que je ne fais que me plaindre depuis le début de cet article - mais promis, il y a aussi du positif dans tout ça ! Parce qu’au coeur de cette tempête de contenus et de cette infobésité ambiante, nous sommes beaucoup à commencer à questionner la valeur de ce que nous faisons, et les méthodes empruntées. Et une tendance émerge, qui appelle les créateurs à produire moins, en se concentrant sur la qualité délivrée via chaque contenu.

Bienvenue dans l’ère du Slow Content.

Questionner ses motivations et le long-terme

Tout le monde n’est pas fan du slow content - notamment ce monsieur qui a rédigé une tribune sur le sujet dans Stratégies. Mais quoi qu’il en soit, le rythme effréné de production et de publication qui est devenu la norme aujourd’hui n’est pas tenable sur la durée.

Ni pour les marques, ni pour les internautes.

Le problème, c’est que quand on est une jeune marque qui a besoin de trouver son audience et de se faire connaître, publier un article par mois ou une vidéo YouTube de temps en temps ne suffira pas !

Alors oui, aux débuts d’un projet, il faut communiquer intensément si on veut atteindre ses objectifs. Mais le slow content ne vous enjoint pas à tout arrêter, au contraire ! Plutôt à questionner la pertinence des messages que vous faites passer.

J’aime beaucoup ce modèle trouvé au hasard des internets :

Il illustre parfaitement l’importance de comprendre les besoins et les préoccupations de son audience, pour mettre son contenu à leur service, afin de développer un lien de confiance, de démontrer la pertinence de sa marque et de faciliter la conversion par la suite.

Pertinence, honnêteté intellectuelle et bienveillance : trois mots qui, on l’espère, seront de plus en plus caractéristiques du Content Marketing dans les années à venir - alors pour résumer, quelques étapes simples pour s’y mettre :

✋ Dire adieu à la pression et aux injonctions à la productivité

🕵️ Se concentrer sur les préoccupations de son audience ou sa communauté

💎 Mettre le curseur sur la qualité, au détriment du volume de choses produites

♻️ Recycler votre contenu de manière intelligente, pour pouvoir vous faire entendre sur les réseaux sans faire des choses creuses

Et si vous êtes à la recherche d’un retour d’expérience et d’un témoignage actionnable, je vous invite à écouter l’épisode enregistré avec Brice ci-dessous ! 👇


En termes de création de contenu, Brice Schwartz s’y connaît ! Copywriter et Content Strategist, il s’est donné l’année dernière un défi de taille : publier un contenu chaque jour sur Linkedin, pendant un an.

Et très vite, sa stratégie paie ! Mais sur le long terme, au fil des retours de son audience et de ses propres questionnements, il finit par remettre en question cette approche quantitative du contenu. Jusqu’à mettre un énorme coup de frein !

Aujourd’hui, Brice est revenu de ses expériences passées et préconise le Slow Content - faire moins, mais mieux. Un épisode déculpabilisant que j’ai adoré enregistrer !

🎧 Découvrir le slow content


Alors, ça vous a plu ?

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D’ici-là, je vous donne rdv dans deux semaines pour la prochaine édition !