Oura : ma vie sous l'emprise d'un anneau connecté 💍
Comment la technologie conditionne notre rapport à la santé et au bien-être
🎧 Don’t Stop Believin’ - Journey - La chanson passée en boucle des vacances
Hello !
J’espère que cette édition de la newsletter vous trouvera en forme, malgré les rhumes, Covids-zombie et autres réjouissance qui s’en donnent à coeur joie en ce moment 🙈
De mon côté, le retour des Dolomites et l’atterrissage direct dans les missions client ont été un peu abrupts, mais la motivation et l’énergie sont là !
En parlant d’énergie - il y a six mois, j’ai eu envie d’avoir une meilleure compréhension de mes indicateurs physiologiques (variabilité cardiaque, etc) et j’ai décidé de tester un objet connecté pour le faire. J’ai donc porté un anneau 24h/24, 7J/7. Une demi-année plus tard, il était temps de faire le bilan et de prendre du recul sur la manière donc ce dernier a influencé mon rapport à mon corps - et ce que cette expérience m’a appris !
Je précise d’ailleurs que les réflexions et les éléments partagés dans cette édition ne sont en aucun cas une généralité et ne reflètent ‘que’ mon expérience personnelle, mes ressentis et mes réactions après un semestre d’utilisation d’un produit.
Sur ce, bonne lecture…
Noémie
Il y a quoi dans ce case study ?
Oura ring : un anneau pour les gouverner tous ?
Oura : chronique d’une relation toxique
Sujet ou objet ? Un rapport de domination ambigu
Quand le score influence le comportement
Health tech et bien-être connecté : un marché juteux en plein essor
Temps de lecture : 16 minutes
Dans l’édition précédente, je vous ai parlé de la folie Ozempic et de tout ce qu’elle révélait sur notre rapport à la consommation - et à nous-mêmes.
J’y ai notamment fait allusion à cette réflexion qui revient ponctuellement dans les interventions d’Alain Damasio, et qui concerne l’intermédiarisation de notre rapport à nos propres corps, par le biais de la technologie.
En d’autres termes, Damasio est très critique des objets connectés, des apps, et de plein de choses globalement, car pour lui, ces derniers sont construits et pensés pour renforcer des comportements addictifs et une forte dépendance.
Par exemple :
Impossible de me déplacer sans regarder Google Maps
Flemme de faire 2 pas hors de chez moi pour m’acheter mon dîner ? 👉 Uber Eats
Je pars courir ? 👉 Compulsion d’enregistrer le trajet sur Strava et de me comparer aux autres coureurs
Je suis à l’heure près l’évolution de mes courbes d’effort et mon rythme cardiaque grâce à ma montre Garmine
Et donc, dans l’édition précédente, je suis un peu montée sur mes grands chevaux en offrant un regard très critique sur l’évolution de notre société et de nos comportements de consommation.
Alors que la réalité, c’est que je ne suis pas plus vertueuse dans mes usages et ma dépendance que qui que ce soit. Pire : je suis peut-être à un stade plus avancé que bon nombre de mes concitoyens !
J’ai une révélation à vous faire :
Il y a 6 mois, j’ai fait quelque chose qui aurait fait faire une descente d’organes en direct à Alain D. si on était proches (ce qui n’est pas le cas, à mon grand désespoir).
J’ai acheté une bague connectée de la marque Oura.
Oui, vous avez bien lu : j’ai littéralement acheté le truc que je m’évertue à critiquer dans la moitié de mes newsletters. Ce petit objet qui mesure en continu le rythme cardiaque, le niveau de stress, la température, le taux d’oxygénation… Bref, ce truc qui est digne d’un outil de contrôle avancé à la sauce Orwell 1984.
Pourquoi ? Pour plein de raisons que je vais vous partager.
Mais le plus intéressant bien sûr, ce n’est pas pourquoi j’ai commis un tel techno-crime
C’est plutôt ce qui s’est passé ensuite et la manière dont ce petit anneau qui pèse à peine 4 grammes a influencé mon comportement et mon rapport à mon corps.
Je vous propose donc une petite virée dystopique dans mon quotidien avec Oura.
Oura ring : un anneau pour les gouverner tous ?
En Mai 2024, j’ai publié une édition de The Storyline intitulée Un anneau pour les gouverner tous : data ou diktat ? qui retraçait ma découverte du concept d’Oura : un anneau connecté qui, entre autres, mesure les indicateurs de vitalité de son porteur, comme le rythme cardiaque, le taux d’oxygénation et la qualité des cycles de sommeil.
Discret et - admettons-le - plutôt esthétique, l’anneau est connecté via bluetooth à une app mobile qui permet à son utilisateur d’accéder en temps réel à des graphiques lui partageant des informations comme :
Son rythme cardiaque
Son état physiologique : stressé, actif, détendu, relaxé
Le temps passé sans mouvement (avec petits rappels de bouger toutes les heures)
La qualité du sommeil de la nuit passée (avec des éléments comme le rythme cardiaque, la variabilité cardiaque, la température du corps, le nombre de respirations par minute, les cycles de sommeil et la rapidité d’endormissement, etc)
Bref - l’anneau sait tout sur son porteur. Mieux (ou pire ?) : souvent, il est capable de détecter plusieurs jours avant l’arrivée des symptômes un état grippal.
Ma première réaction a été l’incrédulité : comment est-il possible que des gens aient envie d’avoir accès à autant de données sur leur propre corps (et les partagent au passage à une société privée et américaine de surcroît) ? Que faire de cette donnée ? Comment ne pas tomber dans un petit côté un peu obsessionnel, à checker ses “performances” physiques chaque jour ?
Dans l’édition de Mai 2024, je partageais alors cette question :
La possibilité de quantifier les choses rassure, guide, justifie.
Mais est-il souhaitable de médier notre rapport à notre propre corps par des interfaces qui mesurent nos constantes vitales ? De décompter les minutes et les “streaks” de méditation guidées que l’on fait à travers des apps ?
Puis, les mois sont passés.
Fin 2024, j’ai commencé à m’intéresser de près à la cohérence cardiaque, un ensemble d’exercices de respiration visant à mettre en phase le rythme du cœur et celui de la respiration pour se relaxer (pour en savoir plus via une source fiable et critique sur le sujet, c’est par ici).
Je vous passe les détails, mais au bout de quelques semaines, j’ai eu envie d’être en capacité de mesurer l’évolution de mon rythme cardiaque et de ma variabilité cardiaque. N’étant pas une grande fan de montres, j’ai donc repensé à Oura.
Petite anecdote honteuse : j’ai même tenté d’écrire à l’équipe presse d’Oura pour essayer de gratter un anneau gratuit en échange d’un retour d’expérience - je n’ai jamais eu de réponse 😅
Vexée comme un pou, il m’a donc fallu un semestre de plus pour me décider, après avoir été ciblée par une publicité et une remise importante sur un vieux modèle de la marque (car les versions actuelles du produit coûtent 400€, ce qui est quand même un sacré budget).
En juin, je recevais donc mon anneau et me lançais dans l’exploration de ses fonctionnalités, avec un mélange d’excitation et d’appréhension.
Je n’ai pas été déçue des résultats…
Oura : chronique d’une relation toxique
Force est de constater que l’Oura ring est un objet connecté très performant : ses mesures sont précises, il est capable de détecter la pratique d’activités spécifiques comme le yoga, la marche, le vélo à la minute près… Globalement, l’interface de suivi sur l’application du même nom est très intuitive et ludique.
Chaque jour, l’application définit un score de sommeil (mesuré en fonction de la qualité de la nuit passée), et un score de readiness (qui mesure à quel point le porteur est en forme ou non et « prêt » à affronter sa journée). En fonction de ces deux scores, Oura fixe un objectif quotidien de calories à brûler ou de pas à faire, au choix.
Sujet ou objet ? Un rapport de domination ambigu
Commençons par le positif : grâce à Oura, j’ai pu affiner ma compréhension de mes cycles de sommeil, identifier des ajustements à appliquer au quotidien pour être moins stressée, et mon activité physique s’est renforcée.
Dès les premiers jours, mes scores s’avèrent très positifs, m’encourageant et m’entraînant dans une dynamique positive :
tous les trajets du quotidien faits à pied et à vélo
de la randonnée tous les weekends
du mouvement toutes les heures, même sur les journées de travail
des nuits de sommeil reposantes
L’application établit, en fonction de la qualité du sommeil, des objectifs quantifiés à atteindre quotidiennement.
Chaque jour, je regarde avec béatitude les scores dithyrambiques qui se succèdent.
Jusqu’au jour où… début septembre, je tombe malade. Pendant plusieurs semaines, je traîne une grippe qui fait chuter mes scores dans les abîmes de l’app.
C’est là que je réalise à quel point le rapport développé avec l’anneau est toxique.
Tant que les indicateurs sont au beau fixes, tout va bien.
Mais dès que les indicateurs commence à décliner, l’angoisse, la déception, la colère et la culpabilité s’invitent à table.
Malgré tout le recul que j’essaie de prendre, je réalise à quel point je suis déstabilisée par ces données qui me rappellent au quotidien que ma santé n’est plus « parfaite », que je ne suis plus la bonne élève. À tel point que, après quelques jours à essayer vainement de faire remonter mes scores (plutôt que de me soigner ou de simplement ne pas y prêter d’attention), je décide d’enlever l’anneau pendant plus d’une semaine.
Une vraie petite révolution : je l’ai en effet porté tous les jours, sans interruption (sauf pour le charger), pendant plusieurs mois. Car c’est là un aspect malin du modèle économique d’Oura : l’application (et donc, l’accès aux données), fonctionne sur un abonnement mensuel. Pas de paiement, pas de data ! Par ailleurs, l’anneau ne doit, selon le service client de la marque, pas être enlevé plus de 7 jours.
C’est une vraie stratégie enfermante qui installe une dépendance de manière pernicieuse. Lorsque les mesures de performance physique ne sont plus au beau fixe, la panique s’installe et la dépendance se renforce.
C’est à la fois fascinant et effrayant : le sujet (l’utilisateur de l’anneau) devient petit à petit objet à travers la quantification de son sommeil, de ses activités, de son rythme cardiaque… Une fidélisation par l’asservissement, au service du modèle économique de l’entreprise.
Quand le score influence le comportement
Au-delà de la dépendance à l’anneau et de la petite obsession qui se manifeste par une consultation quotidienne des métriques (au bout de quelques mois, l’une des premières choses que je fais est d'ouvrir l’app pour consulter mes scores de sommeil et de readiness), j’observe aussi que ce n’est pas uniquement mon rapport à l’objet qui a évolué : ce dernier a tout bonnement commencé à influencer mon comportement.
Dès que je bois un verre de vin, le score chute à cause du rythme cardiaque et de la température élevés. Résultat, je réduis ma consommation et au lieu de prendre « un petit verre en terrasse », je me rabats sur l’eau gazeuse ou les sodas
L’app m’informe au bout d’un mois que mon horaire de coucher idéale se situe entre 22h30 et 23h15. J’ai pour habitude de me coucher aux alentours de 23h30 ou minuit. J’ajuste mes horaires pour aller au lit plus tôt.
Je réalise, grâce à la mesure en temps réel de mes niveaux de stress physiologique que certaines activités (ou certaines personnes !) me stressent, tandis que d’autres m’apaisent. J’ajuste ces dernières pour essayer de maximiser le temps passé sur des actions ou des interactions positives.
Vous allez peut-être me dire « ok mais qu’y-a-t-il de mal à ça ? Au final, ces choix sont relativement sains et ont un impact positif sur la santé et le corps ! »
Certes.
Mais toutes ces actions sont réalisées en réaction à une « note » assignée chaque jour : avec Oura, on vit au quotidien une quantification de son humanité, et on peut vite tomber dans une logique performative, mue par des objectifs, qui tient plus du besoin de contrôle du corps que d’une démarche de soin de soi.
Parce que finalement, l’impact négatif des scores est bien présent : restreindre sévèrement sa consommation d’alcool ou se priver des petits plaisirs alimentaires pas forcément ultra sains génère parfois de la frustration, ou à l’inverse de la culpabilité au moindre pas de travers. Louper l’heure du coucher « optimale » parce qu’on est sorti avec des amis peut devenir source de stress.
À l’instar d’une relation humaine toxique, et même si je ne suis personnellement pas allée aussi loin, je trouve particulièrement dangereux le rapport qu’il est possible de développer avec de telles technologies, en allant jusqu’à devenir obsédé(e) par son régime alimentaire, son niveau d’activité physique, son hygiène de vie… Et, in fine, en s’enfermant un peu sur soi-même et en se privant de ses loisirs ou de ses amis parce qu’on préfère se mettre au lit pour optimiser son score de sommeil ou s’enquiller une session de crossfit.
Bien entendu, tout le monde ne va pas aussi loin et, comme toujours, les outils ne sont que le miroir de celles et ceux qui les utilisent, reflétant nos comportements compulsifs et un besoin de se conformer à la norme ou à une autorité supérieure - autorité matérialisée par le sacro-saint Score Oura 👑
Malheureusement, si les humains savaient utiliser leurs outils et la technologie avec modération et sainement, ça se saurait 😅
Health tech et bien-être connecté : un marché juteux en plein essor
Le modèle économique d’Oura et la promesse marketing d’une santé mesurable, modulable, contrôlable faite par la marque sont loin d’être isolés.
Aujourd’hui, c’est tout un marché qui se consolide autour de la health tech et du bien-être connecté. Un marché évalué à 141,9 milliards de dollars en 2020, promis à une croissance de plus de 15 % d’ici 2028.
Apps de méditation guidée, certifications pour devenir coach de respiration Wim Hof, pilules en tout genre, test d’intolérances alimentaires… Dans ce marché, on trouve tout et n’importe quoi - mais surtout n’importe quoi :
L’emblématique programme de longévité Don’t Die de l’entrepreneur Bryan Johnson, qui a décidé de vivre 200 ans et pour y parvenir, se fait transfuser le sang de son fils de 17 ans et prend plus 100 compléments alimentaires chaque jour. Aujourd’hui, la communauté Don’t Die fédère plus de 5 000 adeptes.
Dans certaines cliniques, on propose des injections de cellules souches autologues, c’est-à-dire provenant de son propre corps, pour des « résultats stupéfiants de rajeunissement du visage ».
En France, la startup Zoï propose un bilan de santé exhaustif pour la modique somme de 4 000€, comprenant une série de tests permettant de mesurer plus de 130 marqueurs sanguins pour établir un profil à 360°, allant de l’état cardiovasculaire à la dermatologie, en passant par l’oncologie, la neurologie, etc. Une offre intéressante en soi, mais inabordable pour la grande majorité.
Soyons clairs : la modernisation de la santé et le progrès scientifique et technologique dans ce secteur ne sont pas un problème, loin de là.
Ce qui me semble problématique, en revanche, c’est que comme bien souvent, les investissements et le marketing se concentrent sur des solutions à nos problèmes (on surenchérit dans des traitements et des technologies de pointe pour mieux traiter les symptômes et les maladies) plutôt que de s’interroger et d’essayer d’agir sur les causes :
De l’hexane retrouvée dans les produits du quotidien comme l’huile et le lait ;
Du cadmium dans nos baguettes et nos pâtes
25 % des jeunes de 15 à 29 ans qui déclarent souffrir de dépression
Une incidence des maladies chroniques en augmentation constante
Je pourrais continuer longtemps mais le but n’est pas de vous faire faire une crise de panique, simplement de pointer le doigt sur une vérité toute simple : il est plus lucratif de vendre des solutions à des gens en mauvaise santé ou inquiets de leur forme que de les aider à se prévenir de la maladie.
La prévention est simple : elle repose sur une hygiène de vie correcte, une bonne alimentation, du sport, des relations sociales épanouissantes… Autrement dit - des choses qui, en théorie, ne coûtent pas trop cher.
Mais sous l’impulsion de l’économie de marché, le bien-être est devenu un produit, et la santé, un privilège. Et tant qu’on continuera à croire que le salut se trouve dans une bague, une app ou un supplément miracle, nous resterons aveugles au fait que le vrai progrès ne se mesure pas en scores de sommeil mais en termes de justice sociale et environnementale.
Et, sur ce, il est peut-être temps pour moi de mettre mon anneau à la retraite ☺️
Pendant ce temps-là, sur la planète Marketing 🪐
☢️ Bunker time. Pendant que le monde part en vrille, Marc Zuckerberg se construit un bunker autonome à Hawaï, selon la BBC. Ambiance fin du monde ?
🐓 Not made in France. Un bel exercice de transparence repéré par l’amie Kéliane de Komando, par la marque de vélo Jean Fourche sur l’origine de ses produits.
📰 Bientôt la fin du journalisme ? Près des deux tiers des jeunes journalistes veulent devenir créateurs de contenus, selon Stratégies. Un chiffre révélateur, qui questionne sur l’avenir des médias.
🛍 Sale temps pour la fast-fashion. Après le nutri-score, l’éco-score textile débarque. Depuis le 1er octobre, l’affichage environnemental des vêtements est entré en vigueur en France.
👯 Communauté vs audience. Je ne connais pas ce média mais j’ai apprécié le message de cet article : de plus en plus de marques se targuent d’avoir une « communauté », mais seule une poignée d’entre elles comprend ce que cette notion implique réellement.
🥷 Les médias contre-attaquent. Le Fonds pour une presse libre et l’ONG internationale Media Defence s’associent pour créer « Ripostes », un fonds d’aide juridique pour la presse indépendante. Prends ça, Bolloré.
🤬 Haters gonna hate. Le nageur Matthieu Witvoet revient sur Instagram sur sa réaction émotionnelle et sa réflexion autour du sujet des commentaires insultants, après avoir eu des critiques sur son projet de traverser l’Atlantique pour sensibiliser autour du sujet de la préservation de l’océan
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Merci et on se retrouve pour la prochaine édition dans deux semaines,
Noémie







Très intéressant cet article ! T’est-il arrivé d’avoir un ressenti complément différent des données de ta bague, par exemple tu te réveilles en pleine forme et elle te dit que ta nuit était pourrie ou l’inverse ? Je suis assez partagée entre l’idée que ce genre d’objet pourrait m’aider à mieux me comprendre sur certains points et la peur de ne plus du tout pouvoir me faire confiance. Mais la mention d’un score de readiness et d’un objectif quotidien m’a donné des frissons d’horreur donc je vais rester sur ma bonne vieille méthode, à savoir faire au feeling 😁 Merci en tout cas pour ce retour d’expérience nuancé et contextualisé.
Merci pour ce retour d'expérience sur un objet qui peut tout aussi fasciner que faire clairement flipper. La conclusion est si fine : "il est plus lucratif de vendre des solutions à des gens en mauvaise santé ou inquiets de leur forme que de les aider à se prévenir de la maladie."