Quel futur pour la sociabilitĂ© humaine ? đŻ
3 signaux faibles qui m'obsĂšdent et questionnent nos relations Ă l'Ăšre des IA
đ§ RĂFĂS DU SOL - On my knees (petite obsession passion RĂFĂS en ce moment)
Hello tout le monde !
JâespĂšre que vous allez bien đ De mon cĂŽtĂ©, la course folle entre vie pro et vie perso continue et je pense que dans la prochaine Ă©dition, je pourrai enfin prendre le temps de vous raconter un peu ce que jâai appris de lâactivitĂ© qui mâa pris autant de temps ces 6 derniers mois : une mission Ă mi-temps pour les services du Premier Ministre Ă la Direction InterministĂ©rielle du NumĂ©rique, sur des sujets de communautĂ© dans lâopen source et des communs numĂ©riques, univers que je dĂ©couvre un peu plus chaque jour et qui me passionne.
Autant vous dire que les journĂ©es sont longues đ Et câest la raison pour laquelle je peine Ă assurer la cadence de ces newsletters - du coup, aujourdâhui, je mâoffre une Ă©dition plus « light » en termes de format : jâavais envie de vous partager quelques signaux faibles (ou complĂštement criards) qui reviennent rĂ©guliĂšrement dans mon radar ces derniers temps, et ce quâils me semblent annoncer pour la suite.
Bonne lecture !
Noémie
Il y a quoi dans ce case study ?
đ Les brouteurs ou Yahoo Boys, Robins des Bois des temps modernes ?
đ© Remplacer les humains par des compagnons IA : le futur des relations ?
đ€ Le temps de parole recule, le temps dâĂ©crans augmente
Temps de lecture : 10 minutes
[âïž Cet article a Ă©tĂ© Ă©crit 100 % avec lâaide de mes dix petits doigts]
En ce moment, je mâinterroge beaucoup sur la notion de sociabilitĂ© humaine. Et au fil des revues de presse, il me semble que certains aspects
đ Les brouteurs ou Yahoo Boys, Robins des Bois des temps modernes ?
LâĂ©tĂ© dernier, une opĂ©ration Ă grande Ă©chelle dâInterpol a abouti sur lâinterpellation de 260 brouteurs en CĂŽte dâIvoire, mais aussi au BĂ©nin, au Burkina Faso, au Nigeria et dans toute lâAfrique de lâOuest.
Les brouteurs, kezaco ? Le concept : le broutage, apparu dans les annĂ©es 2000, est une forme dâescroquerie en ligne qui consiste à « sĂ©duire des victimes en ligne pour leur extorquer de l'argent, parfois mĂȘme Ă les convaincre de se dĂ©shabiller devant une webcam puis les faire chanter en menaçant de diffuser la vidĂ©o. »
Aussi appelĂ©s « Yahoo Boys », ils sont devenus un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ© en Afrique de lâOuest. Le mot brouteur vient du nouchi ivoirien, un argot populaire : « brouter » renvoie Ă lâidĂ©e de âmanger sur le dos de quelquâunâ, soutirer de lâargent.
Mais rĂ©duire les brouteurs Ă de simples « cyberescrocs africains » empĂȘche de comprendre ce que le phĂ©nomĂšne raconte des sociĂ©tĂ©s dans lesquelles il Ă©merge. Le broutage est bien Ă©videmment une forme de cybercriminalitĂ©, avec des consĂ©quences dramatiques pour les victimes. Mais il sâinscrit aussi dans un contexte marquĂ© par le chĂŽmage massif des jeunes, les inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques mondiales, lâomniprĂ©sence des rĂ©seaux sociaux et la glorification de la rĂ©ussite rapide. Dans certains quartiers populaires dâAbidjan, les brouteurs sont ainsi devenus une figure ambiguĂ« : Ă la fois condamnĂ©s moralement et admirĂ©s pour leur argent (quâils nâhĂ©sitent pas Ă montrer Ă grands coups de voitures de luxe), leur style de vie (on les repĂšre facilement dans les boĂźtes branchĂ©es) ou leur capacitĂ© Ă sâen sortir.
Le phĂ©nomĂšne porte Ă©galement une dimension symbolique et postcoloniale. Certains brouteurs justifient leurs actes comme une maniĂšre de reprendre de lâargent Ă lâOccident, dans une logique de revanche et de redistribution inversĂ©e. Un peu des Robins des Bois des temps modernes, somme toute - mais cette posture reste assez contestĂ©e.
La question Ă se poser : que dit le phĂ©nomĂšne des brouteurs de notre rapport contemporain Ă la rĂ©ussite, Ă lâargent et Ă la visibilitĂ© sociale ? Et dans quelle mesure les plateformes numĂ©riques transforment-elles des frustrations Ă©conomiques ou politiques en nouveaux imaginaires de pouvoir ?
Et ensuite ? Le sujet ouvre des questions beaucoup plus larges sur les inégalités globales, la culture Internet, la solitude relationnelle des personnes qui se font arnaquer, mais aussi la marchandisation de nos émotions.
đ© Remplacer les humains par des compagnons IA : le futur des relations ?
RĂ©cemment, jâai vu passer dans la newsletter dâUsbek & Rica un titre qui mâa bien interpellĂ©e : « Les IA vont-elles nous rendre asociauxâŻ? ». Au micro dâun podcast, les journalistes Ălisa ThĂ©venet et Mathilde Simon discutent de ce vaste sujet en offrant une lecture vraiment intĂ©ressante de la situation actuelle (lâĂ©pisode dure 17 minutes et il vaut vraiment le coup, foncez !)
Au détour de la conversation, plusieurs chiffres lunaires :
Aujourdâhui, un AmĂ©ricain sur cinq a dĂ©jĂ expĂ©rimentĂ© une aventure sentimentale virtuelleâŻ;
20 % des adolescents britanniques affirment se sentir plus Ă lâaise dâĂ©changer avec des chatbots quâavec des humainsâŻ;
10 % des utilisateurs de ChatGPT le considĂšrent mĂȘme comme un ami
Les estimations sont quand mĂȘme, quand on prend un peu de recul, complĂštement dĂ©lirantes : aujourdâhui, dans le monde, plus d'1 milliard de personnes ont dĂ©jĂ utilisĂ© des compagnons IA - quâils prennent la forme dâamis, dâamants, de thĂ©rapeutes⊠Avec une forte prĂ©dominence chez les jeunes, dont 72 % aux US, selon Common Sense Media, auraient adoptĂ© un compagnon IA.
What-the-fuck.
Pour ĂȘtre totalement transparente, je fais partie de ce milliard : ChatGPT a dĂ©jĂ jouĂ© pour moi le rĂŽle de relectrice dâarticle, de critique dâune stratĂ©gie Ă©ditoriale, mais aussi de conseillĂšre sur des textos et de critique âobjectiveâ dâun dysfonctionnement relationnel avec une amie proche (oui, jâai dĂ©crĂ©tĂ© que ChatGPT Ă©tait une femme et lui ai demandĂ© de se comporter comme telle)⊠Et au vu des rĂ©sultats, je comprends quâil soit parfois simple de âglisserâ vers le compagnonnage de lâIA ou lâutilisation systĂ©matique des LLM.
Comme le souligne dâailleurs dans le podcast Elisa ThĂ©venet, il y a une Ă©norme asymĂ©trie humain / machine dans lâĂ©tablissement de la relation (au profit de la machine) :
Dans la vraie vie, il faut environ 50 heures pour qu'une relation se mue en amitiĂ© ponctuelle et 200 heures pour considĂ©rer que quelquâun est un ami intime, alors quâavec l'IA c'est instantanĂ©.
Elisa Thévenet, Rédactrice en chef du mag Usbek & Rica
Les implications sont abyssales et donnent le vertige : on est ici mĂȘme plus sur le niveau de la manipulation Ă©motionnelle de nos chers amis les brouteurs ivoiriens, mais bien sur un reparamĂ©trage total de nos architectures relationnelles.
En anthropomorphisant les LLM (autrement dit, leur donnant une voix, une personnalitĂ©, des Ă©motions simulĂ©es et des codes conversationnels profondĂ©ment humainsâŠ), nous sommes en train de brouiller la frontiĂšre entre interaction fonctionnelle et relation affective. Jusquâici, nos technologies Ă©taient principalement des outils : elles exĂ©cutaient des tĂąches, transmettaient des informations ou facilitaient des Ă©changes entre humains. Les IA conversationnelles, elles, introduisent quelque chose de profondĂ©ment diffĂ©rent : des machines capables de produire lâillusion dâune prĂ©sence sociale permanente, rĂ©active et Ă©motionnellement ajustĂ©e Ă nos besoins.
Contrairement aux rĂ©seaux sociaux, qui mĂ©diatisent des relations humaines existantes, les compagnons IA crĂ©ent des relations entiĂšrement synthĂ©tiques, sans friction, sans rejet, sans attente (est-ce que ChatGPT vous a jamais contredit ou mis face Ă vos contradictions ? Jâen doute, car elle est faite pour ĂȘtre totalement conciliante). Mais le truc, câest que, mĂȘme si câest parfois bien relou, toute relation humaine se construit justement dans lâincertitude, parfois le conflit et surtout le temps long. En rendant la conversation instantanĂ©ment fluide, rassurante et personnalisĂ©e, les IA risquent progressivement de recalibrer nos attentes relationnelles : pourquoi supporter la complexitĂ© des humains quand une machine peut rĂ©pondre dans la seconde, nous valider en permanence et sâadapter exactement Ă notre fonctionnement Ă©motionnel ? Ce qui me donne le vertige, personnellement, ce nâest pas tant le fait dâutiliser ChatGPT comme psy ou pour lĂącher un peu la soupape quand on a envie de se plaindre, mais plutĂŽt la maniĂšre dont les IA risque de recalibrer notre tolĂ©rance les uns aux autres (dĂ©jĂ que, personnellement, je ne suis pas exactement un modĂšle de patience, ça promet đ ).
La question Ă se poser : Ă partir de quel moment une interaction âutileâ (plutĂŽt transactionnelle ou informationnelle) avec lâIA se substitue Ă une relation humaine ? Que se passe-t-il collectivement quand des millions de personnes commencent Ă prĂ©fĂ©rer des relations automatisĂ©es et parfaitement lisses Ă des humains (trĂšs) imparfaits ?
Et ensuite ? Le sujet dĂ©passe largement ChatGPT ou les compagnons virtuels. Il pose des questions sur lâavenir de la sociabilitĂ© et mĂȘme de la construction de soi. Parce que, derriĂšre les IA qui deviennent nos confidentes, nos thĂ©rapeutes, parfois mĂȘme nos partenaires ou nos meilleures potes, il y a⊠Des entreprises qui les conçoivent, qui rĂ©coltent nos donnĂ©es et qui ont, in fine, un pouvoir sur notre intimitĂ© la plus profonde et notre libre arbitre. Usbek & Rica titrait dâailleurs dans un autre article, citant le psychiatre Serge Tisseron : « Il y a un vrai risque que lâenfant accorde plus de confiance Ă ce que dit le chatbot quâĂ ses propres parents ».
đ€ Le temps de parole recule, le temps dâĂ©crans augmente
RepĂ©rĂ© dans la newsletter de Quotidien, « une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par deux psychologues amĂ©ricains rĂ©vĂšle quâentre 2005 et 2019, le nombre de mots prononcĂ©s au cours dâune journĂ©e a diminuĂ© de 28 % ». LâĂ©tude elle mĂȘme titre sous la forme dâune question : en train de sombrer dans le silence ? Chaque annĂ©e, nous prononçons 300 mots de moins par jour.
Chez les jeunes de moins de 25 ans, la tendance est encore plus forte, avec 451 mots de moins prononcés chaque jour.
Pourquoi ça interpelle : ces derniĂšres annĂ©es, on a beaucoup analysĂ© et documentĂ© lâĂ©volution des formats de contenu dominants sur les rĂ©seaux sociaux, avec lâexplosion hĂ©gĂ©monique de la vidĂ©o et le recul assez dramatique de lâĂ©crit.
On sâest questionnĂ©s en consĂ©quence sur lâimpact sur notre capacitĂ© dâattention (qui semble plutĂŽt se rĂ©duire vu quâil devient impossible de regarder une sĂ©rie Netflix sans regarder son tel, ou dâĂ©couter une voice note en x1), sur lâavenir de lâĂ©criture et de la lecture (en pĂ©ril selon certains), sur la tendance Ă la consommation passive en mode doom scrolling sur TikTok.
Mais nous avons peu de recul sur lâimpact sur les relations interpersonnelles et la capacitĂ© des individus, tout bonnement, Ă exprimer leur pensĂ©e et leur interioritĂ©. 300 mots de moins par jour, est-ce lâannonce dâun appauvrissement du langage ? Dâun appauvrissement de la pensĂ©e ? Sans prĂ©tendre ĂȘtre une grande experte des neurosciences, il me semble que lâĂ©change dâidĂ©es et dâinformations est tout de mĂȘme Ă la base du bon fonctionnement du cerveau humain. Et puis, de maniĂšre plus pragmatique, le lien social est dĂ©jĂ bien abĂźmĂ©, comme le montrent les Ă©tudes de la Fondation de France : en 2025, 11 % des Français Ă©taient physiquement coupĂ©s des autres, sans aucun rĂ©seau de sociabilitĂ©.
La question Ă se poser : va-t-on vers une sociĂ©tĂ© dystopique oĂč tout le monde est gluĂ© sur son tel et totalement mutique ? OĂč le sens critique a disparu, faute de pouvoir sortir des bulles de filtre créées par les algorithmes en ligne ?
Et ensuite ? Et si faire des mĂ©ga tunnels aux gens devenait cool ? (non, je rigole đ) Plus sĂ©rieusement, il y a certainement un boulevard autour des initiatives de re-sociabilisation (cafĂ©s papote, Ă©vĂ©nements de rencontres, rĂ©habilitation des PMUs commes hauts lieux de la vie sociale et populaire dâun quartier) qui impliquent de faire se parler les gens.
Pendant ce temps-lĂ , sur la planĂšte Marketing đȘ
đ Happy 100, David đ©” David Attenborough fĂȘte ses 100 ans. Le roi et la reine dâAngleterre se sont fendus de voeux, ainsi que toute une ribambelle de cĂ©lĂ©britĂ©s. Longue vie Ă cette rock star dont la voix et les documentaires ont jalonnĂ© mon enfance !
đ€Ș Pourquoi vous avez achetĂ© cette boĂźte de 148 outils Ă 2 h du matâ ? Un excellent dĂ©cryptage de Snowball qui explique comment des plateformes comme Temu, Shein ou AliExpress transforment la surproduction industrielle chinoise en addiction mondiale grĂące Ă des mĂ©caniques issues de lâĂ©conomie comportementale : rĂ©compenses alĂ©atoires, faux comptes Ă rebours, dopamine et achats impulsifs permanents
đ Crocodiles vs capitalistes. Aurait-on trouvĂ© une maniĂšre de se dĂ©barrasser des ultra riches ? ĂvacuĂ© par hĂ©licoptĂšre dans une vidĂ©o impressionante, un crocodile est soupçonnĂ© dâavoir dĂ©vorĂ© un homme dâaffaires en Afrique du Sud.
đ„ Quand les assos montent au crĂ©neau. Foodwatch, Yuka et France Assos SantĂ© dĂ©noncent lâomniprĂ©sence des aliments ultra-transformĂ©s dans nos supermarchĂ©s et appellent les pouvoirs publics Ă rĂ©guler plus fermement leur marketing, leur publicitĂ© et leur Ă©tiquetage.
đ LâĂšre de la surveillance Ă©motionnelle. Ellen Cushing explore pour The Atlantic lâessor de âlâemotional surveillanceâ : des outils dâIA capables dâanalyser les Ă©motions, lâattention ou lâengagement des employĂ©s Ă partir de leurs visages, voix, messages Slack ou visioconfĂ©rences, transformant le monde du travail en espace oĂč mĂȘme les expressions et Ă©tats Ă©motionnels deviennent des donnĂ©es de performance.
đ Le grand remplacement. Uber dĂ©voile une stratĂ©gie fascinante (et flippante) : transformer ses millions de chauffeurs humains en immense rĂ©seau mobile de collecte de donnĂ©es pour entraĂźner les IA des voitures autonomes.
đȘđș Made in Europe. La souverainetĂ© est Ă la mode, Ă tel point quâon nous propose dĂ©sormais des cartes made in Europe, Ă lâimage de European Tech Map, qui recense des centaines de startups et outils europĂ©ens - si ça peut dĂ©panner⊠PS : nâoubliez pas de privilĂ©gier les outils open source ;)
đ€« Les squelettes dans le placard de Tesla. Une fuite de donnĂ©es rĂ©vĂšle que Tesla a dissimulĂ© des milliers d'incidents, dont certains mortels, liĂ©s Ă son systĂšme de conduite autonome. Le constructeur devra verser 243 millions de dollars aux victimes.
đĄ Mais pour une fois, Musk est utile. La BBC raconte comment des rĂ©seaux clandestins font entrer illĂ©galement des terminaux Starlink en Iran pour contourner les coupures dâInternet imposĂ©es par le rĂ©gime, transformant lâaccĂšs au rĂ©seau en vĂ©ritable acte de rĂ©sistance politique et informationnelle.
đ Marketing 3.0. Selon cet expert, les marques entrent dans une nouvelle Ăšre du fandom : les fans ne veulent plus simplement consommer une histoire, mais participer Ă son Ă©criture, obligeant les entreprises Ă abandonner une partie du contrĂŽle de leur image pour transformer leur audience en vĂ©ritable communautĂ©.
đ€ La confiance change de camp. Usbek & Rica alerte sur le fait que les IA conversationnelles pourraient progressivement devenir des figures dâattachement Ă©motionnel chez les jeunes et concurrencer la confiance accordĂ©e aux parents.
đ„ Elon vs Sam. DĂ©cidĂ©ment, Elon est partout⊠Le procĂšs qui lâoppose Ă Sam Altman rĂ©vĂšle bien plus quâun conflit juridique : une guerre idĂ©ologique et personnelle autour du contrĂŽle de lâIA, oĂč Musk accuse OpenAI dâavoir trahi sa mission non lucrative originelle au profit dâune logique de pouvoir, de valorisation financiĂšre et de domination industrielle. Quand lâhopital se fout de la charitĂ©.
Et pour finir, je vous partage un extrait tel quel de la newsletter Quotidien qui mâa profondĂ©ment touchĂ©e : « Deux ans aprĂšs LâHistoire de Souleymane, une vaste enquĂȘte de MĂ©decins du Monde nous rappelle que ce nâest pas que de la fiction. Les livreurs des plateformes enchaĂźnent des semaines interminables pour un salaire de misĂšre. Des revenus qui les plongent dans la prĂ©caritĂ© : 42,5% dâentre eux ont connu au moins une journĂ©e sans repas lâannĂ©e derniĂšre. Le tout sous la peur constante dâun contrĂŽle de police, 68% des livreurs ne possĂ©dant pas de titre de sĂ©jour. Un dernier petit chiffre, histoire de bien rĂ©flĂ©chir avant de commander un plateau de sushis : 91% des livreurs sans papiers changeraient immĂ©diatement de travail sâils Ă©taient rĂ©gularisĂ©s⊠»
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Merci et on se retrouve pour la prochaine édition dans deux semaines,
Noémie





Alors lĂ , les Yahoo Boys / brouteurs comme point dâentrĂ©e pour introduire la cybersĂ©curité⊠excellent angle. Câest un phĂ©nomĂšne qui a marquĂ© mon adolescence et dont je me souviens notamment Ă travers certains reportages du type Capital ou Zone Interdite Ă lâĂ©poque.
Malheureusement, ces sujets Ă©taient souvent traitĂ©s sous un angle trĂšs rĂ©ducteur : caricature de lâAfrique, peur de lâimmigration, sensationnalisme⊠davantage de la propagande anxiogĂšne quâune vĂ©ritable analyse des rĂ©alitĂ©s sociales et sociĂ©tales derriĂšre ce phĂ©nomĂšne.
Il aurait pourtant Ă©tĂ© intĂ©ressant dâinterroger aussi ce que cela raconte de la solitude, de lâisolement et de lâindividualisme profonds dans certaines sociĂ©tĂ©s occidentales, qui crĂ©ent aussi un terrain favorable Ă ces mĂ©canismes de manipulation.
PS : il mâa fallu quelques secondes pour comprendre que lâhistoire du crocodile ne parlait pas de Lacoste mais de vrais crocodiles đ Ce qui prouve au passage la puissance de lâancrage de marque. Mais ça veut aussi dire quâil est peut-ĂȘtre temps de prendre quelques jours de repos avant de finir avec un compagnon IA qui me dĂ©connecte dĂ©finitivement du rĂ©el đ
Merci Noémie :-)